Étiquette : 2021

La servante écarlate

Album publié en 2021 aux éditions Robert Laffont.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Margaret Atwood publié le 17 avril 1985.

couverture bd La servante écarlate

Dans la république de Galaad, les femmes n’ont plus aucun droit.
Vêtue de rouge, Defred est une « Servante écarlate » à qui l’on a ôté jusqu’à son nom.
Réduite au rang d’esclave sexuelle, elle a été affectée à la famille du Commandant et de son épouse et, conformément aux normes de l’ordre social nouveau, met son corps à leur service.
Car à une époque où les naissances diminuent, Defred et les autres Servantes n’ont de valeur que si elles sont fertiles. Sinon…
Dans une description d’une force peu commune, Defred se remémore le monde d’avant, quand elle était une femme indépendante, jouissant d’un emploi, d’une famille et d’un nom à elle.
Aujourd’hui, ses souvenirs et sa volonté de survivre sont de véritables actes de rébellion.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La servante écarlate »

L’artiste canadienne Renée Nault signe seule l’adaptation et le dessin de ce classique de Margaret Atwood, dans une traduction de Michèle Albaret-Maatsch.

Renée Nault a tranché : ne pas tout transposer. Elle prélève des scènes, laisse des pages presque muettes et conserve la voix de Defred telle que Margaret Atwood l’avait écrite, cette confidence à voix basse qui raconte l’insoutenable sur le ton de l’excuse. On suit une femme dépossédée de son nom, affectée chez un Commandant, jaugée sur sa seule fertilité. Le récit avance par retours en arrière, et c’est la couleur qui prend en charge la bascule : Galaad baigne dans des gris et des bruns éteints, tandis que les souvenirs d’avant retrouvent une gamme complète. On perçoit la rupture avant de la comprendre.

extrait bd La servante écarlate

L’aquarelle et l’encre de Renée Nault installent une douceur qui met mal à l’aise. Les silhouettes gardent quelque chose de flottant, et le rouge des Servantes découpe des taches franches dans des décors noyés. Son travail sur le costume mérite qu’on s’y arrête : à la place du bonnet retenu par la série télévisée, elle a dessiné une capuche ajustée qui efface la chevelure, sous les ailes blanches qui interdisent de voir et d’être vue. Les femmes deviennent une masse sans traits distinctifs, et les rares pages où les cheveux de Defred se libèrent n’en sont que plus fort.

Ce qui reste après la dernière page, ce n’est pas une scène mais une couleur : ce rouge qui découpe les Servantes dans le gris de Galaad et qui, une fois vu, colle à la rétine. L’album s’adresse aux lecteurs du roman qui voudront en éprouver la charge autrement, et à ceux que la prose de Margaret Atwood avait tenus à distance.


L’étrange voyage de R. L. Stevenson

Album publié en 2021 aux éditions Dargaud.


Résumé éditeur

Robert Louis Stevenson en BD (13 novembre 1850 / 3 décembre 1894).

couverture bd L'étrange voyage de R. L. Stevenson

Romancier bien sûr, essayiste unanimement reconnu, grand voyageur, enfant puis adulte à la santé très fragile et l’imagination débordante, Robert Louis Stevenson est un des plus grands, sinon le plus grand écrivain de la fin du XIXe siècle.
Admiré de ses contemporains et de ses successeurs, il n’aura eu de cesse d’écrire et de faire entrer la littérature dans la modernité, mêlant les genres, abolissant les frontières entre roman d’aventures ou « jeunesse » et « grande » littérature.
Il meurt à seulement 44 ans, dans les îles Samoa, dernière étape de sa vie voyageuse.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’étrange voyage de R. L. Stevenson »

La biographie illustrée L’étrange voyage de R. L. Stevenson offre une immersion fascinante dans la vie tumultueuse du célèbre créateur de L’Île au trésor. À mi-chemin entre le carnet de bord et le récit biographique, cet ouvrage retrace le parcours géographique et spirituel d’un écrivain tiraillé entre sa santé fragile et un inextinguible besoin d’aventure.

De l’Écosse brumeuse aux lumières éclatantes des mers du Sud (jusqu’à son exil final aux îles Samoa où il fut baptisé Tusitala, le conteur), l’histoire décortique les thèmes de l’errance, de la liberté et de la dualité. La narration ne se contente pas d’égrener les escales géographiques ; elle met en lumière la lutte poignante de Robert Louis Stevenson contre la maladie. Ses voyages s’apparentent ainsi à une course contre la mort, une urgence vitale et créatrice qui infuse chaque page d’une mélancolie profondément poétique.

Le parti pris visuel accompagne ce double souffle, épique et intime. L’esthétique s’appuie sur des planches immersives où la nature, qu’elle soit océanique ou montagneuse, souligne la fragilité de la condition humaine. L’évolution chromatique structure le récit : les teintes froides, grises et austères des années européennes laissent progressivement place à une palette chaude, lumineuse et foisonnante lors de ses découvertes océaniennes.

L’étrange voyage de R. L. Stevenson est un hommage vibrant et majestueux à l’un des plus grands voyageurs de la littérature. Cette œuvre séduira immanquablement les passionnés de biographies littéraires, ainsi que les amateurs de l’auteur de Voyage avec un âne dans les Cévennes.



Les 30 œuvres de Robert Louis Stevenson en BD

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100 Blagues Bigoudènes et Léonardes

Album publié en 2021 aux éditions Ouest-France.


Résumé éditeur

couverture bd 100 Blagues Bigoudènes et Léonardes

Même si Bigoudens et Léonards diffèrent sur de nombreux points : leur accent, leur costume, le temps de cuisson des bigorneaux… ils ont un même centre d’intérêt : l’argent.
La question est de savoir qui du Bigouden, qui rime avec radin, et du Léonard, qui rime avec avare, a l’avantage à ce petit concours.
Clichés ou réalité ?
Un pretexte pour se moquer gentiment les uns des autres à travers 100 blagues et histoires cocasses.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « 100 Blagues Bigoudènes et Léonardes »

Denez Prigent, figure majeure du chant breton, quitte un instant le répertoire traditionnel pour un registre plus léger avec ce recueil illustré par Joël Auvin, dit Nono, où cent blagues (et une offerte en prime) mettent aux prises Bigoudens et Léonards, ces deux peuples du Finistère que sépare, dit-on, tout sauf le goût de l’argent.

Le sel du livre tient à son moteur unique : presque chaque histoire décline le même travers, la pingrerie, et l’oppose à la rivalité de clocher entre le sud bigouden et le nord léonard. Denez Prigent joue la variation plutôt que l’accumulation, glissant de la devinette rapide à l’anecdote plus construite. La moquerie vise les deux camps à parts égales, et cette réciprocité désamorce toute méchanceté : on rit d’un cliché que les intéressés revendiquent eux-mêmes.

L’humour reste franchement local. Les traits sur le costume, l’accent ou le temps de cuisson des bigorneaux supposent une familiarité minimale avec la Bretagne finistérienne, ce qui restreint le cercle des rieurs mais récompense ceux qui connaissent le terrain.

extrait bd 100 Blagues Bigoudènes et Léonardes

Le trait de Joël Auvin, rompu au dessin de presse dans les colonnes du Télégramme, apporte la vivacité de la caricature. On reconnaît la manière d’un croqueur d’actualité habitué à camper un type en quelques lignes. Le petit format carré convient à cette lecture par piques.

Une moquerie bon enfant, où le trait de presse de Joël Auvin épouse la verve de Denez Prigent pour croquer deux Finistère aussi économes que fiers de l’être.

Orlando

Album publié en 2021 aux éditions Misma.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Virginia Woolf publié le 11 octobre 1928.

couverture bd Orlando

« Un murmure, un frisson, l’étrange silence de la nature… »
ORLANDO, jeune poète un peu efféminé, écrit de la poésie au sommet de sa colline, et c’est la seule chose qui compte pour lui.
Un jour sa mère décide de l’envoyer à la cour du roi pour qu’il devienne « un homme digne et viril »…
Si elle savait ! Ayant toujours pour but, et pour guide, l’écriture et la poésie, Orlando va effectuer un voyage initiatique et être confronté à toutes sortes d’aventures et d’expériences surprenantes.
En adaptant à sa sauce le roman ORLANDO de Virginia Woolf, Delphine Panique présente un album léger et drôle, qui mêle à la fois références à la littérature, à la culture populaire et aux récits de voyage tout en questionnant au passage le genre et la sexualité.
Longtemps épuisé, le tout premier album de Delphine Panique chez Misma fait peau neuve dans une nouvelle édition agrémentée de pages en couleurs dans lesquelles l’autrice revient sur son rapport à l’œuvre de Virginia Woolf et sur sa manière si particulière d’adapter ce roman.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Orlando »

Delphine Panique s’empare du roman que Virginia Woolf fit paraître en 1928, cette biographie imaginaire d’un personnage traversant les siècles en changeant de sexe. Le parti pris est annoncé sans détour, il s’agit d’une adaptation très libre, l’autrice s’appuyant sur le souvenir marquant mais flou d’une lecture ancienne plutôt que sur une transposition fidèle. Son Orlando est un jeune poète un peu efféminé, occupé à écrire au sommet de sa colline, que sa mère expédie à la cour du roi pour en faire un homme viril.

Cette méthode produit un livre singulier, moins soumis au modèle qu’en dialogue avec lui. Delphine Panique conserve la structure du roman initiatique et la question centrale du genre, mais y greffe des références à la culture populaire et au récit de voyage, dans un mélange revendiqué. La quête de la poésie parfaite, celle de la sérénité aussi, occupent une place au moins égale à celle de l’identité sexuelle. Le personnage de Sasha, à la fois amante et guide spirituelle, ponctue les pérégrinations d’Orlando de poèmes écrits par Sophie Régnier, qui apportent au récit des respirations lyriques bienvenues. La loufoquerie assumée ne dessert jamais le fond philosophique.

extrait bd Orlando

Le trait de Delphine Panique, très fin et presque timide, installe une atmosphère intimiste où l’étrangeté naît de la retenue plutôt que de l’effet. Le rythme alterne les séquences contemplatives et les échappées comiques, ce qui donne à l’album son caractère d’objet inclassable.

L’ouvrage s’adresse aux lecteurs de Virginia Woolf .

Le Prophète

couverture bd Le Prophète

Album publié en 2021 aux éditions Contre-dires.


Résumé éditeur

Adapté de l’œuvre poétique et philosophique de Khalil Gibran publié le 28 septembre 1923.

couverture bd Le Prophète

L’adaptation graphique du célèbre Prophète de Khalil Gibran !

« Le plaisir est un chant de liberté, mais il n’est pas la liberté. Il est l’épanouissement de vos désirs, mais il n’est pas leur fruit. »

Dans cette adaptation graphique du célèbre Prophète de Khalil Gibran, le conte du prophète Almustafa est entrecroisé avec l’histoire d’une femme qui veille sur son père souffrant.
Le dessinateur de renom, Pete Katz, donne vie à ce recueil de 28 poèmes qui offrent des observations profondes et intemporelles sur de nombreux aspects de la vie – l’amour, la liberté, la douleur, la beauté, la mort… Il remet ainsi ces poèmes au goût du jour pour faire connaître l’un des ouvrages spirituels classiques les plus populaires au monde à une nouvelle génération de lecteurs.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Prophète »

Publié pour porter à un nouveau public l’un des textes spirituels les plus lus au monde, cet album adapte en bande dessinée Le Prophète de Khalil Gibran, recueil de vingt-huit méditations en prose paru en 1923. Le dessinateur Pete Katz met en images le conte d’Almustafa, ce sage qui, sur le point de quitter la cité d’Orphalese après des années d’exil, livre ses enseignements aux habitants venus l’interroger sur l’amour, le travail, la joie ou la mort.

Le parti pris le plus original de Pete Katz consiste à entrelacer ce texte ancien avec une trame contemporaine, celle d’une jeune femme veillant son père malade. Ce contrepoint intime ancre les aphorismes de Khalil Gibran dans une expérience concrète du deuil et de la tendresse filiale. Les paroles du prophète cessent d’être des sentences abstraites pour accompagner une douleur bien réelle, gagnant en résonance ce qu’elles auraient pu perdre en solennité.

Graphiquement, Pete Katz déploie des planches aux couleurs chaudes et à la lumière dorée, évoquant l’Orient méditerranéen cher à Khalil Gibran. Il alterne les grandes compositions symboliques, où le corps et les éléments dialoguent, et des scènes plus feutrées pour la veillée contemporaine. Le trait, souple et lisible, rend accessibles des textes réputés difficiles.

L’album s’adresse aux lecteurs curieux de spiritualité et de poésie, et ceux qui découvriraient Khalil Gibran pour la première fois. Pete Katz réussit une transposition respectueuse et sensible, qui donne chair à une sagesse centenaire sans jamais la figer.

Voyage au centre de la terre en BD

Albums publiés en 2021 aux éditions Glénat.


Résumé éditeur

L’adaptation du célèbre roman de Jules Verne publié pour la première fois en 1864.

couverture bd Voyage au centre de la terre en BD

L’aventure avec un grand A.

Le professeur Lidenbrock a découvert une voie menant directement au centre de la Terre.
Accompagné de son neveu Axel, le géologue se rend vers l’Islande. C’est là-bas, au fond d’un volcan que les deux hommes et leur guide vont s’enfoncer au cœur des entrailles de la planète.
Un périple à la frontière de la folie, véritable défi lancé au monde scientifique…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Voyage au centre de la terre en BD »

Adapter Voyage au centre de la Terre, roman que Jules Verne publie en 1864, tient de la gageure : comment condenser en une cinquantaine de planches un périple aussi foisonnant sans en trahir l’esprit ? Curd Ridel relève ce défi au sein de la collection des grands classiques de la littérature en bande dessinée, épaulé au dessin par Frédéric Garcia et à la couleur par Jacky Robert.

Curd Ridel fait le choix de la fidélité. Il suit le professeur Lidenbrock, son neveu Axel et le guide islandais Hans depuis Hambourg jusqu’au cratère du Snæfellsjökull, porte d’entrée vers les entrailles de la planète. L’adaptation resserre le récit sur sa colonne vertébrale, la quête scientifique, sans gommer la tension entre l’obstination du savant et les réticences d’Axel, dont la voix intérieure porte le doute et la peur. Ce couple, l’enthousiasme et la prudence, reste le vrai moteur psychologique du livre.

Le travail de Frédéric Garcia constitue l’atout de cette édition. Son trait réaliste anime des personnages expressifs et déploie des décors soignés, du port de Hambourg aux immensités minérales du sous-sol. Les grottes, la mer souterraine et ses créatures antédiluviennes gagnent en présence grâce à la couleur de Jacky Robert, dont les effets de lumière sculptent l’obscurité et rendent crédible ce monde enfoui. La lisibilité de la mise en page sert l’aventure sans jamais l’alourdir.

L’ensemble compose une porte d’entrée idéale vers l’univers de Jules Verne. On la recommandera aux jeunes lecteurs à partir de treize ans et à tout amateur de récits d’aventure scientifique désireux de redécouvrir ce classique dans une forme accessible et visuellement généreuse.

Peer Gynt – Acte I

Album publié en 2021 aux Editions Soleil.


Adapté de l’œuvre d’ Henrik Ibsen (publiée pour la première fois le 14 novembre 1867).

couverture bd Peer Gynt - Acte I

Peer Gynt est l’adaptation en deux tomes d’une pièce de théâtre d’Henrik Ibsen.
Cet opus adapte les actes I, II et III, le second, les actes IV et V.
Antoine Carrion propose une relecture inspirée par le romantisme du XIXe siècle afin d’en épouser les reliefs dramatiques.
Peer Gynt se rêve empereur, faisant le tour du monde. Des ambitions loin de son quotidien de paysan. Mais tout a un prix…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Peer Gynt – Acte I »

Peer Gynt, pièce de théâtre publiée en 1867 par le dramaturge norvégien Henrik Ibsen, est l’une des œuvres les plus ambitieuses et les plus inclassables de la littérature scandinave : soixante-dix personnages, une cinquantaine de décors potentiels, et un héros que son auteur lui-même considérait comme sa création la plus folle.
Adapter un tel monument en bande dessinée relevait du défi insensé. Antoine Carrion, déjà auteur de Temudjin et de la trilogie Nils, le relève seul, au scénario comme au dessin, dans un diptyque grand format en noir et blanc.

Ce premier tome couvre les actes I, II et III de la pièce, suivant Peer Gynt depuis sa jeunesse de paysan norvégien fanfaron jusqu’à sa plongée dans le royaume des trolls. L’antihéros d’Henrik Ibsen est un être de contradictions : hâbleur et lâche, égoïste et touchant, incapable de fidélité mais porté par une imagination débordante qui constitue sa seule vraie richesse. Antoine Carrion restitue cette ambivalence avec intelligence, orientant sa lecture vers le rôle des figures féminines dans la construction de Peer, de la mère Ase à la fidèle Solveig, en passant par la fille du roi de la montagne.

extrait bd Peer Gynt - Acte I

C’est graphiquement que l’album atteint une dimension exceptionnelle. Le noir et blanc d’Antoine Carrion joue sur tous les registres, des noirs d’encre absolus aux blancs éblouissants, avec une technique qui frôle par endroits le photoréalisme pour les décors, fjords brumeux et montagnes balayées par le vent, tandis que les personnages conservent un design plus épuré, issu de l’animation.

Destiné aux amateurs de beau dessin, de littérature nordique, cet album est l’une des adaptations théâtrales les plus abouties de ces dernières années.


Ravage – Tome 03

couverture bd Ravage - Tome 03

Bande dessinée publiée en 2017 aux éditions Glénat.


D’après le roman de René Barjavel publié en mars 1943.

couverture bd Ravage - Tome 03

La chute d’une civilisation. La naissance d’un dictateur.

Suite au cataclysme, privée de ses technologies, l’humanité est retournée à l’état sauvage.
Elle est devenue inhumaine. François, lui-même, n’hésite désormais plus à accomplir les pires actes pour assurer sa survie et la protection des siens qui voient en lui un nouveau leader.
Mais quel chemin leur propose-t-il ? Car en parcourant ce Paris en ruines, François se demande si la catastrophe ne serait pas une juste punition pour cette humanité aveuglée par le progrès. Ce concept va peu à peu s’insinuer en lui jusqu’à devenir une idéologie… et la vision du monde qu’il offrira à l’humanité pour le futur.

Jean-David Morvan et Rey Macutay concluent leur adaptation moderne et spectaculaire du classique intemporel de Barjavel !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Ravage – Tome 03 »

Ce troisième et dernier tome, paru en mars 2021 après quatre années d’attente dues notamment aux difficultés de Rey Macutay aux Philippines pendant la pandémie, referme une trilogie qui avait su renouveler le roman Ravage. Jean-David Morvan y accomplit ce que l’architecture narrative en flash-back des deux premiers tomes promettait : montrer comment François Deschamps, simple étudiant au début du récit, devient le Patriarche que l’on voyait gouverner dès la première page du tome 1.
C’est précisément ce passage de l’homme au mythe qui constitue le cœur de cet album. Au fil de l’exode vers le Sud, face aux violences et aux menaces répétées, François voit une idéologie se cristalliser en lui : la catastrophe est une juste punition pour une humanité aveuglée par le progrès, et l’avenir ne peut se construire qu’en rejetant définitivement la technologie.
Jean-David Morvan restitue avec précision le paradoxe de Barjavel : c’est un homme capable des pires actes pour protéger les siens qui deviendra le garant d’un nouvel ordre moral. La naissance d’un dictateur se fait toujours avec les meilleures intentions du monde.

extrait bd Ravage - Tome 03

Rey Macutay confirme dans ce tome conclusif l’étendue de son registre graphique. La planche d’ouverture représentant un parc solaire abandonné frappe par sa beauté mélancolique, et les grandes séquences d’action sur les routes de France révèlent un sens du cadre spectaculaire hérité de ses années de storyboard. Les couleurs de Walter accompagnent ce basculement vers un monde désaturé, où les teintes de la végétude reprennent progressivement leurs droits sur le béton.

Une conclusion que les lecteurs des deux premiers tomes liront avec la satisfaction de voir une vision cohérente menée jusqu’à son terme, fidèle à l’esprit d’une œuvre écrite en 1943 et qui n’a jamais cessé d’être d’actualité.


Casse-Noisette et le Roi des souris

Album publié en 2021 aux Editions Rue de Sèvres.


Adapté du conte de E. T. A. Hoffmann publié pour la première fois en décembre 1816.

couverture bd Casse-Noisette et le Roi des souris

De tous les cadeaux qu’elle trouve au pied du sapin, il y en a un qui attire particulièrement Marie Stahlbaum.
C’est un Casse-Noisette, petit pantin en bois au regard bienveillant, aux joues rouges et d’apparence amicale.
Son parrain Drosselmeyer, l’a fabriqué pour elle et son frère qui le casse instantanément. Quand sonnent les douze coups de minuit, Marie qui veut le réparer, descend pour le chercher sur les étagères fermées à clé.
Là, sous ses yeux d’enfant, s’éveille le petit monde des poupées, soldats et le casse-noisette rangés sur les étagères … une guerre éclate entre l’armée du Casse-Noisette constituée des jouets et la troupe des rats et des souris menée par le Roi des Souris.
Effrayée, Marie fait une chute et sa mère la retrouve inanimée, le bras ensanglanté et fiévreuse au pied de la vitrine aux jouets.
La pauvre enfant raconte sa nuit mais personne ne la croit sauf Drosselmeyer qui chaque soir va venir lui révéler un épisode du sortilège qui menace ce petit monde : l’histoire de la princesse Pirlipate, l’affront que représenta le vol de quartiers de lard par Dame Souriçonne et ses 7 souriceaux et la terrible malédiction qui en découlera.

Pendant plusieurs nuits, Marie entrainée dans ce monde féerique de magie et d’émerveillement, de princesses malfaisantes et de batailles féroces … découvre que la malédiction qui menace ce monde des jouets peut être brisée grâce au seul pouvoir d’ une véritable amitié.
N’écoutant que son courage la petite Marie décide de braver chaque piège tendu pour sauver son casse-noisette victime d’un sortilège et le royaume tout entier.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Casse-Noisette et le Roi des souris »

Publié en 1816 par E.T.A. Hoffmann, Nussknacker und Mausekönig est l’un des contes fantastiques les plus célèbres de la littérature allemande, popularisé bien au-delà des frontières par le ballet de Tchaïkovski. Natalie Andrewson, illustratrice américaine basée à Los Angeles, en signe ici la première adaptation en roman graphique, fidèle à l’esprit du conte original tout en lui insufflant une énergie visuelle résolument contemporaine.
Le récit conserve les deux niveaux narratifs qui font la richesse du texte d’Hoffmann : la réalité de Marie, que personne ne croit lorsqu’elle raconte sa nuit, et le conte enchâssé que lui révèle nuit après nuit le parrain Drosselmeyer, l’histoire de la princesse Pirlipate et de la terrible malédiction qui en découle. Cette structure en miroir, où fiction et réalité finissent par se rejoindre, porte un message clair et lumineux : seule une véritable amitié peut briser les sortilèges les plus tenaces.

extrait bd Casse-Noisette et le Roi des souris

Dès les premières pages, le ton est donné avec des planches ultra colorées et des personnages aux expressions extrêmement visuelles, proches du cartoon, avec une touche manga perceptible. Les bouches grandes ouvertes, les cris et les onomatopées en gros caractères renforcent le dynamisme du récit. Ce parti pris expressif colle parfaitement à l’énergie débordante du conte et à sa petite héroïne. Les illustrations fourmillent de détails, invitant le lecteur à s’attarder sur chaque planche autant qu’à tourner les pages.
Destiné aux lecteurs dès 8 ans, cet album convaincra aussi bien les enfants que les parents à la recherche d’une version de Casse-Noisette qui n’escamote rien de la noirceur originale d’Hoffmann, tout en la rendant pleinement accessible.

Les défis de l’intelligence artificielle – Un reporter dans les labos de recherche

couverture bd Les défis de l'intelligence artificielle - Un reporter dans les labos de recherche

Album publié en 2021 aux Editions First Editions.


Découvrez en images les dernières innovations en intelligence artificielle !

couverture bd Les défis de l'intelligence artificielle - Un reporter dans les labos de recherche

Jérémie Dres, reporter et auteur de BD, part à la rencontre des chercheu-res de l’Inria, l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique, qui lui livreront leurs dernières découvertes et partageront avec lui l’avancée de leurs travaux.
Voitures autonomes, imagerie médicale, protection des données sur le web, robots collaboratifs, vous découvrirez l’étendue de la recherche française dans le domaine artificielle et des projets aussi passionnants qu’étonnants.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les défis de l’intelligence artificielle – Un reporter dans les labos de recherche »

Les défis de l’intelligence artificielle – Un reporter dans les labos de recherche, publié en janvier 2021 chez First Éditions, est l’œuvre de Jérémie Dres, journaliste et auteur de romans graphiques formé à l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg. Parti d’une interrogation sur le projet Neuralink d’Elon Musk, il a traversé la France pendant plusieurs mois pour visiter les laboratoires de l’Inria, l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique, et recueillir les témoignages de chercheurs sur leurs toutes dernières avancées.

Le dispositif narratif choisi, celui du reporter embarqué, est adapté à la complexité du sujet. En s’incarnant lui-même en lecteur profane face aux scientifiques, Jérémie Dres désamorce la distance intimidante que le jargon de l’IA impose trop souvent. Les différents champs couverts, imagerie médicale, véhicules autonomes, protection des données, neurosciences s’enchaînent avec fluidité.

Sur le plan graphique, Jérémie Dres déploie un trait épuré, au service du sujet traité. Schémas, métaphores visuelles et portraits de chercheurs s’articulent avec cohérence pour rendre tangible ce qui échappe à la seule description textuelle. Le dessin ne cherche pas à séduire : il éclaire.

L’ouvrage n’élude pas non plus les questions éthiques que soulèvent ces technologies, ce qui lui confère une profondeur que la vulgarisation stricte n’atteint pas toujours. Pour quiconque souhaite comprendre ce que l’intelligence artificielle faisait déjà au monde en 2021 c’est une entrée en matière aussi accessible qu’honnête. La démocratisation au grand public est depuis passée par là.