Étiquette : 2019

Tolkien – Éclairer les ténèbres

Album publié en 2019 aux éditions Soleil.


Résumé éditeur

J. R. R. Tolkien en BD (3 janvier 1892 / 2 septembre 1973).

couverture bd Tolkien - Éclairer les ténèbres

J. R. R. Tolkien n’a pas toujours été le vieux professeur d’Oxford peaufinant, pipe en bouche, son oeuvre hors-norme. En 1915, à 23 ans, il part pour le front, avec ses amis de lycée, qu’il aime comme des frères.
Ils participent à la Bataille de la Somme qui fera 450.000 morts.
L’horreur de la guerre marquera au fer rouge son rapport à l’amitié, à l’amour et à la création.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Tolkien – Éclairer les ténèbres »

On croit connaître John Ronald Reuel Tolkien à travers ses œuvres. Ce roman graphique explore la jeunesse de l’auteur du Seigneur des Anneaux et son expérience traumatisante des champs de bataille de la Première Guerre mondiale, qui forgera l’imaginaire de son œuvre littéraire. Willy Duraffourg fait le choix d’un récit resserré sur les années fondatrices, de l’enfance en Afrique du Sud jusqu’aux lendemains de la bataille de la Somme, laissant délibérément dans l’ombre les cinquante années de création qui suivront. C’est un parti pris cohérent : il s’agit moins de biographier l’écrivain que de comprendre d’où vient l’œuvre.

Les scénaristes ont choisi de faire se succéder les épisodes biographiques à raison d’un par page, ou d’un pour deux pages, selon leur importance, ce qui donne à la lecture un rythme agréable. Le récit s’organise autour de trois piliers qui sont aussi les trois grandes sources de la Terre du Milieu : l’amitié, incarnée par le cercle du TCBS, ce club littéraire et poétique fondé avec ses camarades de lycée ; l’amour, à travers la relation avec Edith Bratt ; et la guerre, omniprésente dans la seconde moitié de l’album. La jeunesse de Tolkien ressemble à s’y méprendre à une ébauche du Seigneur des Anneaux.

extrait bd Tolkien - Éclairer les ténèbres


Le dessin de Giancarlo Caracuzzo est très accessible et relativement fluide, renforcé par le souci de l’exactitude du détail qui peut flatter l’esprit du connaisseur. Les auteurs n’ont pas oublié les petits clins d’œil discrets à l’œuvre emblématique, à commencer par la campagne anglaise de l’enfance qui en a inspiré le cadre. Rien ne manque, pas même les extraits de poèmes de l’auteur disséminés ça et là au fil des pages. Un cahier documentaire en fin d’album recense les influences littéraires et mythologiques de Tolkien, ce qui achève de faire de cet album une introduction rigoureuse à l’homme autant qu’à l’écrivain.
Destiné aux amateurs du Seigneur des Anneaux, cet album offre une clé de lecture inattendue : celle d’une œuvre refuge, construite dans les tranchées pour ne pas sombrer.



Les 3 œuvres de J. R. R. Tolkien en BD

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Liens de sang

Album publié en 2019 aux éditions Presque Lune.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre d’Octavia E. Butler publiée en juin 1979 sous le titre Kindred.

couverture bd Liens de sang

Dana, jeune femme noire vivant dans les années 1970, est soudainement et inexplicablement transportée de sa maison en Californie vers le Sud d’avant la guerre civile (1861-1865).
Alors qu’elle voyage dans le temps en plusieurs allers et retours entre sa réalité contemporaine où elle est une femme libre et l’époque de la guerre de Sécession, elle se retrouve à devoir survivre dans une plantation sudiste, confrontée à Rufus, son ancêtre blanc et esclavagiste.
Adapté du célèbre roman d’Octavia E. Butler, Liens de sang (Kindred) a reçu l’Eisner Awards 2018 de la meilleure adaptation d’une oeuvre littéraire.
Dans son roman, Octavia E. Butler explore en profondeur la violence et la perte d’humanité causées par l’esclavage aux Etats-Unis, et souligne son impact complexe et durable sur le monde actuel.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Liens de sang »

Quarante ans après sa parution, « Kindred », récit culte d’Octavia E. Butler, l’une des grandes autrices de la science-fiction américaine, connaît une seconde vie en bande dessinée sous le titre « Liens de sang », dessiné et mis en couleur par John Jennings et adapté par Damian Duffy, dont le travail a été distingué par un prix Eisner de la meilleure adaptation littéraire.

Le récit suit Dana, jeune femme noire de la Californie des années 1970, brutalement projetée dans le Sud esclavagiste d’avant la guerre de Sécession. Ces allers-retours dans le temps, jamais expliqués, la placent dans la plantation de Rufus, un aïeul blanc qui la traite en esclave. Damian Duffy et John Jennings conservent la puissance dérangeante du roman : la survie de Dana passe par des compromis insoutenables, et le lien de sang qui l’attache à son bourreau interdit toute distance confortable. L’œuvre interroge la persistance du passé, la mémoire de l’esclavage et l’illusion d’une liberté acquise une fois pour toutes.

extrait bd Liens de sang

Graphiquement, John Jennings refuse le réalisme policé. Son trait expressif épouse la violence du sujet, tandis que ses couleurs, dominées par des ambres brûlés et des violets profonds, rythment la tension jusqu’au malaise. Cette palette électrique, loin d’esthétiser l’horreur, en restitue la charge physique et fait de chaque retour dans le passé une épreuve pour le lecteur autant que pour Dana.

Là où un manuel d’histoire tient l’esclavage à distance, Damian Duffy et John Jennings le rendent physique, page après page, et rappellent que certaines vérités ne se comprennent vraiment que lorsqu’on les ressent dans sa chair.

L’affaire Zola

Album publié en 2019 aux éditions Glénat.


Résumé éditeur

Emile Zola en BD (2 avril 1840 / 29 septembre 1902).

couverture bd L'affaire Zola

La vie d’un écrivain. Le combat d’un homme.

Né en 1840, Emile Zola n’est pas seulement l’un des plus grands écrivains du panthéon français. C’est également l’auteur d’une vie engagée, à l’image de son œuvre.
De son enfance à Aix-en-Provence, élevé seul par sa mère dès l’âge de 7 ans, il nourrit très vite une aversion pour l’injustice sociale et un besoin de la dénoncer par les mots.
Ses premiers succès littéraires le placent alors, logiquement, comme le chef de file des naturalistes.
Emile Zola raconte le vrai monde, il prend la défense des faibles, des peintres et des poètes ; il pourfend le second Empire, l’ordre moral de Thiers.
Zola n’est pas qu’un écrivain, c’est un combattant. Et c’est alors que l’auteur assiste, horrifié, au calvaire judiciaire du capitaine Dreyfus que le versant politique de son œuvre prend une toute autre dimension…

Centré sur la vie d’Émile Zola et son implication dans l’affaire Dreyfus, ce passionnant roman graphique, écrit par Jean-Charles Chapuzet et dessiné à quatre mains par Vincent Gravé (story-board) et Christophe Girard (story-board, dessin et couleurs), nous plonge avec force dans les années mouvementées du second Empire pour mieux percevoir, derrière la vie de l’écrivain mythique, le combat de l’homme.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Zola »

Écrit par Jean-Charles Chapuzet, historien de formation, et mis en images par Christophe Girard et Vincent Gravé, ce roman graphique retrace la vie d’Émile Zola en la centrant sur son engagement dans l’affaire Dreyfus. Né en 1840, élevé par sa mère à Aix-en-Provence, l’écrivain naturaliste avait fait de la dénonciation de l’injustice sociale le cœur de son œuvre, avant que le calvaire du capitaine juif condamné pour trahison ne donne à ses convictions une portée politique décisive.

L’intelligence du récit tient à son refus de toute idéalisation. Jean-Charles Chapuzet montre qu’Émile Zola n’était nullement prédestiné à ce combat, rappelant même qu’il avait relayé certains poncifs antisémites dans son roman L’Argent. Le scénariste insiste sur les hésitations du romancier, d’abord observateur lointain d’une affaire qui ne le concerne pas, puis bouleversé par l’évidence d’une machination et par le déferlement de la haine, jusqu’à la publication de son célèbre J’accuse et la condamnation pour diffamation qui le contraindra à l’exil. Cette double lecture, la vie de l’homme et le destin de Dreyfus, éclaire l’un par l’autre et confère au récit sa densité. On pourra juger la narration parfois proche du cours d’histoire, mais la rigueur documentaire de l’auteur en fait la valeur.

extrait bd L'affaire Zola

Le dessin de Christophe Girard, réaliste et sans esbroufe, sert le propos, et sa mise en couleurs fait ressortir la violence politique et populaire de la fin du dix-neuvième siècle.

L’album s’adresse aux lecteurs curieux d’histoire, aux enseignants et aux admirateurs d’Émile Zola.



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Iran – Révolution

Album publié en 2019 aux éditions Les Arènes.


Résumé éditeur

couverture bd Iran - Révolution

Février 1978
Le shah Reza Pahlavi semble indétrônable.

Février 1979
L’ayatollah Khomeyni rentre en Iran pour instaurer la première république islamique.
Michel Setboun, alors âgé de 26 ans, est l’un des rares photojournalistes à avoir couvert, de 1978 à 1981, la totalité de cet événement majeur de notre histoire contemporaine.
Des premières manifestations à Téhéran jusqu’à la prise d’otages à l’ambassade des États-Unis, Iran, révolution est un témoignage inédit sur ces quelques mois qui ont changé la face du monde.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Iran – Révolution »

Cet ouvrage n’est pas une bande dessinée dessinée au sens strict, mais un objet hybride entre le roman-photo et le récit graphique, construit à partir de photographies retravaillées numériquement.
Photographe de presse, Michel Setboun avait vingt-six ans lorsqu’il se rendit en Iran en 1978, pressentant que le pays allait basculer. Il y resta plus d’un an et fut l’un des rares reporters occidentaux présents tout au long des événements, jusqu’à photographier l’ayatollah Khomeyni en France avant son retour triomphal. Quarante ans plus tard, il tire de cette expérience un récit qui couvre les années 1978 à 1981, de la contestation du chah Mohammad Reza Pahlavi à l’installation de la République islamique.

Le parti pris le plus remarquable de Michel Setboun tient au traitement de ses images. Il puise dans un fonds de plus de six cents photographies, dont une large part demeurait inédite, et les retravaille par un procédé numérique qui les rapproche du dessin, entre trace crayonnée et matière presque impressionniste. L’auteur revendique dans sa note d’intention le désir de renouer le lien entre photographie et graphie, et le résultat produit des planches d’une force singulière, où le document conserve son autorité tout en gagnant une dimension picturale.

extrait bd Iran - Révolution

Sur le fond, l’ouvrage tient la position du reporter. Michel Setboun ne prend pas parti pour l’un ou l’autre camp et laisse au lecteur le soin d’interpréter une séquence historique complexe, nourrie d’aspirations démocratiques, de rejet du modèle occidental et de ferveur religieuse. Les textes qui accompagnent les images replacent le contexte, prolongés par une préface d’historien et une carte du pays.

L’ouvrage s’adresse aux lecteurs de récits documentaires et à ceux qui souhaitent comprendre les origines du régime iranien actuel.

La Perle

Album publié en 2019 aux Editions Futuropolis.


Adapté du roman de John Steinbeck publié en décembre 1945.

couverture bd La Perle

Le jour où Kino l’Indien, pauvre et analphabète, pêche une énorme perle, sa vie tourne au cauchemar.
John Steinbeck (prix Nobel 1962) signe avec La Perle une fable sociale noire mais lucide sur les injustices les plus révoltantes de son époque.
Jean-Luc Cornette s’empare de cette histoire universelle, dans une adaptation graphique captivante au pouvoir d’évocation d’une grande intensité.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Perle »

Paru en janvier 2019 chez Futuropolis, cet album adapte le roman de John Steinbeck en bande dessinée. Jean-Luc Cornette en signe le scénario et les dessins, transposant avec sobriété l’histoire de Kino, pêcheur mexicain qui découvre une perle monumentale et bascule dans un cauchemar.​

L’intérêt de cette adaptation réside dans son parti pris graphique : un trait volontairement sec et cassant, des hachures qui rongent le blanc de la page, des couleurs étouffantes qui enserrent les personnages. Jean-Luc Cornette refuse tout pittoresque ou exotisme facile. Son trait anguleux crée une tension constante, rendant l’atmosphère de la Basse-Californie non pas séduisante, mais suffocante, menaçante. C’est exactement ce qu’il faut pour servir le propos de John Steinbeck.​

extrait bd La Perle

Au niveau du scénario, l’adaptation capture la descente inexorable de Kino vers le malheur. Chaque acquisition, chaque rêve de richesse devient un poids, une chaîne de plus. Jean-Luc Cornette découpe les planches avec intelligence : des triptyques qui ralentissent la lecture, des pages pleines qui écrasent le lecteur sous le poids de l’inévitable. ​

Pour les lecteurs exigeants qui aiment les adaptations sans concession, les histoires qui laissent un arrière-goût amer.

Dans les forêts de Sibérie

Album publié en 2019 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du livre de Sylvain Tesson publié le 1 septembre 2011.

couverture bd Dans les forêts de Sibérie

Peut-on se détacher complètement du monde des hommes ?
Quitter la ville et son quotidien pour aller vivre au bout du monde, tel est le défi que s’est donné Sylvain Tesson.
De février à juillet 2010, l’écrivain voyageur a choisi de vivre la fin de l’hiver puis le printemps sibérien.
Habitant seul une cabane au bord du Lac Baïkal, il s’est plié au silence en choisissant de vivre lentement, environné de livres, de vodka et de souvenirs. Sans déranger la nature mais en s’interrogeant avec elle dans une introspection au long cours, Tesson a marché, exploré, pêché, il a fait du patin à glace sur le lac et accepté l’hospitalité de ses rares voisins.
Cette ascèse de six mois loin de la France, l’auteur en a fait le récit dans son célèbre livre paru chez Gallimard en 2011.
Par un dessin subtil et généreux tout en couleur, Virgile Dureuil en propose pour la première fois une adaptation en bande dessinée…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Dans les forêts de Sibérie »

Adapter le récit de Sylvain Tesson en bande dessinée était un pari osé. Comment traduire en images la richesse introspective d’un journal d’ermitage ? Virgile Dureuil y parvient avec une sobriété désarmante, refusant le spectaculaire pour mieux saisir l’essence de cette retraite sibérienne.

Six mois isolé au bord du lac Baïkal, de février à juillet 2010, loin de tout. Des jours qui s’égrainent selon un rythme immuable : bois à couper, glace à sonder, pages à tourner. Rien de héroïque, juste la quête patiente d’une solitude maîtrisée. Virgile Dureuil respecte ce parti pris minimaliste en épurant son langage graphique.

extrait bd Dans les forêts de Sibérie

Visuellement, l’encrage est généreux créant des formes pleines et rassurantes. Les récitatifs fins et discrets murmurent plutôt qu’ils ne proclament. Les couleurs blanc immaculé, bleus glacés baignent chaque planche dans une atmosphère hivernale dépouillée. On respire le froid. On sent l’isolement. Cette palette minimaliste devient justement ce qui fait vibrer l’œuvre.

Virgile Dureuil demeure fidèle au texte de Sylvain Tesson. Il capture les variations émotionnelles qui traversent ces six mois : l’émerveillement devant la nature, les doutes nocturnes, les rares visites qui dérangent plus qu’elles ne réconfortent. C’est joliment observé, intimiste même.

Pour qui ? Les lecteurs en quête de poésie visuelle, de contemplation tranquille et de nature apaisante. Une belle respiration graphique.

Fils de sorcières

Album publié en 2019 aux Editions Jungle.


Adapté du roman de Pierre Bottero publié le 7 juin 2006.

couverture bd Fils de sorcières

La famille de Jean est un peu particulière : sa mère, sa petite soeur, sa grand-mère et ses six tantes sont des sorcières !
Mais Jean n’a aucun pouvoir, car la magie se transmet de mère en fille.
Un jour, un affreux buveur de magie s’en prend à sa famille et les transforme les unes après les autres en poupées de chiffons. Désormais, Jean est le seul à pouvoir les sauver !
Aidé de sa petite sœur Lisa, qui a pu échapper au monstre, il va retrouver son père qu’il n’a jamais connu et tout tenter pour sauver les siens.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Fils de sorcières »

Avec Fils de sorcières, le scénariste Maxe L’Hermenier relève le défi d’adapter l’univers du regretté Pierre Bottero. L’album nous plonge dans le quotidien de Jean, garçon ordinaire né au sein d’une illustre lignée de sorcières, qui doit prouver sa valeur lorsqu’un terrifiant « buveur de magie » change sa famille en poupées de chiffon.

Au niveau du scénario, l’adaptation brille par son équilibre. Maxe L’Hermenier parvient à condenser la mélancolie et l’humour du roman originel sans en trahir l’esprit. Plus qu’une simple quête fantastique, le récit explore avec finesse la psychologie de la différence et la légitimité. Jean, héros « sans don », incarne une résilience touchante, transformant son handicap magique en force stratégique pour protéger sa sœur Lisa.

extrait bd Fils de sorcières

Graphiquement, le travail de Stedho est une excellente surprise. Son trait vif et anguleux, presque caricatural par moments, insuffle une énergie moderne. Il privilégie l’expressivité : la terreur du buveur de magie contraste habilement avec la chaleur des tons ocre et orangés des scènes familiales.

Fils de sorcières est une réussite qui ravira autant les nostalgiques de Pierre Bottero que les jeunes lecteurs (dès 8-10 ans) en quête d’aventures intelligentes. Une fable visuelle énergique sur la quête de soi.

Nouvelles extraordinaires d’Edgar Allan Poe

Album publié en 2019 aux Editions Nobi Nobi.


Adapté des nouvelles dEdgar Allan Poe publiées en France le 8 mars 1857.

couverture bd Nouvelles extraordinaires d'Edgar Allan Po

Une culpabilité obsédante…
Une sombre histoire de vengeance…
Un amoureux qui tombe dans la folie…
Les horreurs de la peste…
Une étrange maison aux lourds secrets… Autant de récits mystérieux, palpitants et inquiétants, parmi les meilleurs d’Edgar Allan Poe, l’un des plus grands précurseurs de la littérature fantastique.
Un recueil de nouvelles à lire le soir, dans une pièce faiblement éclairée, les rideaux tirés, pour frissonner de plaisir !

Inclus dans ce manga :
Le Cœur révélateur (issu de Nouvelles histoires extraordinaires)
La Barrique d’amontillado (issu de Nouvelles histoires extraordinaires)
Le Corbeau (poème)
Le Masque de la mort rouge (issu de Nouvelles histoires extraordinaires)
La Chute de la maison Usher (issu de Nouvelles histoires extraordinaires)


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Nouvelles extraordinaires d’Edgar Allan Poe »

Avec Nouvelles extraordinaires d’Edgar Allan Poe, la collection « Les Classiques en Manga » (nobi nobi!) signe une adaptation audacieuse qui dépoussière le gothique pour une nouvelle génération. Parue en 2019, cette anthologie compile cinq récits majeurs dont Le Cœur révélateur et La Chute de la maison Usher  en transposant avec brio l’angoisse victorienne vers une esthétique contemporaine.

Sur le plan narratif, l’ouvrage relève le défi de matérialiser l’intériorité tourmentée de Edgar Allan Poe. Loin de simplifier le propos, le scénario préserve la densité psychologique des textes originaux (traduits par Baudelaire). Dans Le Masque de la mort rouge, la fatalité devient palpable grâce à un découpage oppressant, tandis que La Barrique d’amontillado glace par sa mise en scène clinique de la vengeance. L’adaptation réussit l’équilibre délicat entre fidélité littéraire et dynamique visuelle.

extrait bd Nouvelles extraordinaires d'Edgar Allan Po

Graphiquement, le collectif d’artistes (dont Virginia-Nitouhei et Pikomaro) déploie un trait réaliste. L’usage magistral des trames et du clair-obscur épouse parfaitement la noirceur romantique de l’auteur. Les visages, souvent déformés par la démence, communiquent une terreur muette qui dépasse les mots, offrant une immersion totale dans la folie des protagonistes.

Ce manga de 324 pages constitue une porte d’entrée idéale pour les néophytes et une redécouverte savoureuse pour les puristes. Une lecture qui prouve que l’horreur classique n’a rien perdu de son mordant. À mettre entre toutes les mains curieuses de frissonner avec intelligence.

Snow, Glass, Apples

Album publié en 2019 aux Editions Headline.


Adapté de la nouvelle de Neil Gaiman publiée en 1994.

couverture bd Snow, Glass, Apples

Une relecture fantastique et glaçante du conte de Blanche-Neige par les créateurs à succès Neil Gaiman et Colleen Doran.

Une reine pas si maléfique que ça est terrorisée par sa monstrueuse belle-fille et déterminée à repousser cette créature afin de sauver son royaume d’un monde où les fins heureuses ne le sont plus vraiment.

Prix Eisner 2020 Best Adaptation from Another Medium

BD uniquement en Anglais.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Snow, Glass, Apples »

Neil Gaiman a écrit Snow, Glass, Apples en 1994 comme une subversion sombre du conte des frères Grimm. En 2019, Dark Horse Comics a publié l’adaptation graphique illustrée par Colleen Doran, remportant le Bram Stoker Award 2019 et l’Eisner Award 2020 pour la meilleure adaptation.​

L’astuce de Neil Gaiman ? Laisser la reine nous raconter son histoire. Blanche-Neige n’est pas la jeune fille innocente du conte. C’est une créature vampire, belle et dangereuse, qui terrorise son royaume. La pomme devient un acte de survie, pas de malveillance. Tous les éléments du conte original restent là : le miroir, le baiser du prince, la forêt mais leur sens s’inverse complètement. C’est subtil, glaçant, intelligent.

extrait bd Snow, Glass, Apples

Colleen Doran abandonne le format traditionnel de bande dessinée pour adopter une approche rappelant un conte illustré. Son art s’inspire profondément de Harry Clarke, artiste irlandais des Arts & Crafts du début du XXe siècle.
Résultat : des pages écrasées de détails, de motifs floraux étouffants, de dorures qui contrastent violemment avec l’horreur du récit. Cette dichotomie, beauté étouffante d’un côté, noirceur de l’autre c’est le cœur du travail de Colleen Doran.​

Ni la reine ni Blanche-Neige ne sont sympathiques ou méprisables. Cette ambiguïté, c’est ce qui rend l’histoire mémorable. 

Snow, Glass, Apples fascine par sa dualité : beauté formelle vs noirceur thématique. Cette œuvre captive les lecteurs adultes en quête de contes revisités. Colleen Doran transforme chaque page en tableau vivant où forme et contenu dialoguent magistralement.​

Le Théorème Funeste

Album publié en 2019 aux Editions Tanibis.


couverture bd Le théorème funeste

Un beau jour du XVIIe siècle, le facétieux mathématicien Pierre de Fermat écrivit dans les marges d’un livre : « xn + yn = zn impossible si n > 2. J’ai trouvé une solution merveilleuse, mais la place me manque ici pour la développer. »

Un énoncé fort simple pour un théorème qui sera démontré… plus de trois siècles plus tard par le mathématicien anglais Andrew Wiles. Alexandre Kha délaisse le temps d’un court album le genre fantastique pour une approche plus documentaire, s’apparentant à son travail pour la revue Topo.

En retraçant l’histoire de ce théorème mythique, c’est une histoire des mathématiques en accéléré que nous délivre Alexandre Kha, mais c’est aussi pour lui l’occasion de relater une série de destins romanesques, une galerie de portraits de personnages en quête d’absolu, allant de l’anarchiste matheux Évariste Galois à Sophie Germain en passant par Paul Wolfskehl, que le théorème sauva du suicide.

Adoptant un trait plus épuré qu’à l’accoutumée, Alexandre Kha s’essaie à des mises en page élaborées et propose des métaphores graphiques percutantes aux concepts présentés, tout en restant parfaitement lisible.

À noter que ce récit figurera dans l’exposition permanente de la maison natale de Pierre de Fermat à Beaumont-de-Lomagne.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le théorème funeste »

Le Théorème funeste d’Alexandre Kha est une belle surprise : une bande dessinée consacrée au dernier théorème de Fermat, cette énigme mathématique qui a hanté trois siècles d’esprits brillants. Plutôt que de raconter la démonstration en elle-même, Alexandre Kha s’intéresse aux scientifiques qui l’ont poursuivie : Sophie Germain, Évariste Galois, Paul Wolfskehl. Des figures disparates unies par la même obsession.

Ce qui frappe d’abord, c’est le choix graphique radical. Alexandre Kha abandonne les styles plus classiques pour proposer un noir et blanc très épuré, presque dépouillé. Les compositions jouent sur des perspectives géométriques qui renforcent le sentiment de vertige intellectuel. Ce n’est pas de la décoration : le trait économe crée une distance affective qui correspond à la nature même du sujet.

extrait bd Le théorème funeste

Sur le plan narratif, Alexandre Kha évite le piège du résumé. Il ne nous explique pas les mathématiques. C’est sombre, parfois austère, mais d’une cohérence remarquable.

L’album ne plaira pas à tout le monde. Il demande du lecteur une certaine patience, une acceptation de ne pas avoir de résolution spectaculaire.