Mois : août 2026

120, rue de la gare

Album publié en 2024 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet publié en 1943.

couverture bd 120, rue de la gare

1943.
À peine libéré d’un camp de prisonniers en Allemagne, Nestor Burma rentre en France et s’attelle à l’énigme de cette adresse qui fait tant parler les mourants.
Burma délaisse quelque peu Paris (alors en pleine zone occupée) pour Lyon et une enquête au long cour sous l’Occupation.



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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « 120, rue de la gare »

Publié pour la première fois en 1988 chez Casterman, l’album 120, rue de la Gare marque l’adaptation par Jacques Tardi du tout premier roman de Léo Malet, écrit sous l’Occupation en 1943. En s’emparant de cette intrigue policière, Jacques Tardi livre une œuvre historique majeure où la petite histoire des marginaux se heurte à la grande tragédie de la Seconde Guerre mondiale.

L’enquête débute dans le dénuement d’un stalag allemand pour s’achever dans le Paris occupé, en passant par un Lyon glacial. Nestor Burma, marqué par la captivité, y poursuit la vérité derrière les derniers mots énigmatiques d’un codétenu agonisant. Loin de l’héroïsme classique, la narration explore avec cynisme et amertume l’atmosphère de la France de Vichy. Les thèmes de la trahison, du marché noir et de la survie morale irriguent le récit. Le personnage de Nestor Burma s’y dessine avec une profondeur psychologique inédite, tiraillé entre sa verve de détective et la détresse d’une population opprimée par la faim et la peur.

extrait bd 120, rue de la gare

Graphiquement, Jacques Tardi déploie un noir et blanc d’une noirceur absolue. La rigueur documentaire de son trait ressuscite la France des années 1940 : gares embrumées, files d’attente devant les devantures vides, et trains de prisonniers sous la neige. Les aplats sombres et l’omniprésence des grisés structurent une mise en scène étouffante, faisant écho à l’enfermement physique et mental des personnages. La laideur et la fatigue des visages, fidèles à la ligne claire retravaillée de l’auteur, renforcent le réalisme historique.

Cette adaptation transcende le genre policier pour devenir un témoignage graphique indispensable. A recommander pour les inconditionnels de Nestor Burma.



Brouillard au pont de Tolbiac

Album publié en 2024 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet publié en octobre 1956.

couverture bd Brouillard au pont de Tolbiac

Appelé au chevet d’un vieux chiffonnier mourant, Nestor Burma se retrouve plongé dans ses souvenirs de jeunesse, alors qu’il traînait dans les milieux anarchistes de l’entre-deux-guerres.
Léo Malet s’inspire de sa vie de bohème durant les années 1930 pour donner vie à son personnage fétiche.




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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Brouillard au pont de Tolbiac »

Publié pour la première fois en 1982 chez Casterman, l’album Brouillard au pont de Tolbiac est bien plus qu’une simple bande dessinée : c’est la rencontre historique entre Jacques Tardi et le célèbre détective Nestor Burma, né sous la plume de Léo Malet en 1956.

Cette enquête crépusculaire plonge Burma au cœur du 13e arrondissement parisien, hanté par les fantômes de sa propre jeunesse anarchiste. Confronté à la mort suspecte d’un ancien camarade de bohème, le détective remonte le fil d’un passé douloureux. Tardi capte avec brio cette mélancolie introspective, s’inspirant des résonances autobiographiques de Léo Malet qui vécut lui-même dans les milieux libertaires de l’entre-deux-guerres.

extrait bd Brouillard au pont de Tolbiac

Visuellement, le chef-d’œuvre de Jacques Tardi s’impose par un noir et blanc magistral. Son trait épais et ses profonds aplats de gris restituent à la perfection le Paris pluvieux et poisseux de l’hiver 1956. Chaque case exhale une odeur de bitume mouillé et de tabac froid. La précision avec laquelle le dessinateur immortalise les décors d’époque, des pavés de la rue Watt au viaduc ferroviaire de Tolbiac aujourd’hui disparu confère à l’œuvre une dimension quasi photographique et intemporelle. Les silhouettes massives, presque figées, accentuent la fatalité qui pèse sur les protagonistes.

En signant cette adaptation, Jacques Tardi n’a pas seulement traduit un roman policier : il a redéfini le roman graphique moderne. Cette œuvre sombre, immersive et désabusée est indispensable pour tout amateur de polar classique.



20 000 lieues sous les mers

Album publié en 1980 aux éditions Nathan.


Adapté de l’œuvre de Jules Verne (publiée pour la première fois le 20 juin 1870).

couverture bd 20 000 lieues sous les mers

Après le Tour du monde en quatre-vingts jours et Michel Strogoff, parus dans la même collection, nous présentons à nos lecteurs une autre adaptation d’un très célèbre roman de Jules Verne : Vingt mille lieues sous les mers.

Ce livre, paru en 1870, est le deuxième volet d’une grande trilogie commencée en 1867 avec les Enfants du capitaine Grant et achevée par l’Île mystérieuse en 1875. On y retrouve certains personnages, l’énigmatique capitaine Nemo étant le trait d’union qui relie Vingt mille lieues sous les mers à l’Île mystérieuse.

Tous ces livres font partie des œuvres maîtresses de l’auteur. Dans celui-ci, le professeur Aronnax, son serviteur et le harponneur forment un trio inoubliable. Quant au capitaine Nemo, prince indien rebelle à la Grande-Bretagne, il est le prototype de l’anti-impérialiste idéaliste et rêveur. Jules Verne se plaît manifestement à brosser ce caractère dont la personnalité secrète sera dévoilée dans l’Île mystérieuse.
Outre ces personnages attachants et l’intérêt de l’intrigue, on remarque ici l’apparition d’un prodigieux véhicule qui se meut au fond des mers : c’est l’archétype du sous-marin, que Jules Verne appelle le Nautilus.

S’il fallait rappeler la popularité toujours vivante de Jules Verne, il suffirait de dire qu’en 1954, soit près de quatre-vingt-dix ans après la parution de Vingt mille lieues sous les mers, lorsque les États-Unis lancèrent le premier sous-marin atomique, ils l’appelèrent… le Nautilus, en hommage au grand écrivain français, qui fut un si génial visionnaire.


Rares sont les romans qui ont fait rêver de sous-marins des générations entières avant même que ceux-ci n’existent vraiment. Adapter en bande dessinée 20 000 lieues sous les mers, c’est se mesurer à l’un des récits les plus visuels de Jules Verne. Le dessinateur espagnol Ramón de la Fuente relève ce pari en signant l’adaptation et le dessin, condensant le voyage du Nautilus pour de jeunes lecteurs. On y retrouve le professeur Aronnax, son fidèle Conseil et le harponneur Ned Land, recueillis à bord du sous-marin de l’énigmatique capitaine Nemo, après avoir cru poursuivre un monstre marin.

Réduire à une soixantaine de planches un roman foisonnant, célèbre pour ses inventaires savants et ses longues descriptions, oblige à choisir : Ramón de la Fuente privilégie l’aventure et les grandes scènes qui ont fait la gloire du texte, l’apparition du Nautilus, les paysages engloutis, l’affrontement avec les créatures des profondeurs. Le fil de la vengeance de Nemo et sa part d’ombre mélancolique restent davantage en retrait, mais l’essentiel du merveilleux passe. C’est une porte d’entrée vers Jules Verne plus qu’un substitut à sa prose.

Le dessin réaliste de Ramón de la Fuente s’inscrit dans la tradition des classiques illustrés, soucieux de restituer les décors et les machines. Le Nautilus, ses hublots et ses fonds marins y trouvent une présence qui doit beaucoup à l’imagerie des gravures anciennes.

En condensant le voyage du Nautilus pour les plus jeunes, Ramón de la Fuente ouvre une porte d’entrée vers l’imaginaire de Jules Verne. BD difficile à trouver actuellement.


Les empereurs gaulois – T02 – Victorinus

Album publié aux éditions Gallia Vetus en 2026.


Le 21 avril 247 après J.-C., l’Empire romain commémore ses mille ans d’existence.

Mais déjà de lourds nuages obscurcissent l’horizon. Bientôt l’Empire vacille.
Les provinces gauloises font sécession et les légions du Rhin choisissent un nouvel empereur Postumus.
Cette partition est reconnue par l’Histoire sous le nom d’Empire gaulois. Au printemps de l’année 266, au nord de la Gaule lyonnaise, un officier chargé par l’empereur Postumus d’enquêter sur un trafic de fausses monnaies, ne donne plus signe de vie.
Quatre ans plus tard, Lucius Pullio, un proche de l’empereur Victorinus, successeur de Postumus, reste hanté par la disparition de cet officier qui était son ami.
Il envisage de reprendre les investigations. L’occasion se présente quand Victorinus lui demande d’infiltrer un groupe de complotiste prônant la réunification de l’Empire.
Hasard ou destin, il va retrouver les traces des faux monnayeurs et se rapprocher enfin de la vérité.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les empereurs gaulois – T02 – Victorinus »

La bande dessinée sortira en octobre 2026.

Les Compagnons de la Libération – Jean Moulin

Album publié en 2026 aux éditions Bamboo.


L’homme qui unifia la résistance.

couverture bd Les Compagnons de la Libération - Jean Moulin

Après leur débarquement en Afrique du Nord, en novembre 1942, les Alliés soutiennent le général Giraud pour contrecarrer les plans de De Gaulle.

Mais l’homme du 18 juin n’est pas du genre à se laisser écarter de l’échiquier politique et des tractations concernant le sort de la France.

Sur le terrain, dans la France occupée, Jean Moulin œuvre pour unifier la résistance.
Mais si coaliser les mouvements combattants est déjà difficile, les faire cohabiter avec des responsables politiques de tous bords s’avère presque impossible.

Pourtant, De Gaulle fait venir Jean Moulin à Londres et le charge de créer le Conseil National de la Résistance


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L’héroïsme de Jean Moulin ne fut pas celui des armes mais celui des réunions clandestines et des rivalités à dépasser. C’est le pari, risqué, de ce troisième tome de la collection Les Compagnons de la Libération : raconter un résistant dont le courage se joua surtout dans l’ombre des tractations politiques. Scénarisé par l’historien Jean-Yves Le Naour, mis en images par Iñaki Holgado sur un storyboard de Marko, avec les couleurs de Sébastien Bouët, l’album suit les derniers mois de Jean Moulin, entre la fin 1942 et 1943, quand Charles de Gaulle le charge d’unifier une Résistance éclatée.

Point de batailles ni d’évasions spectaculaires, mais des rendez-vous secrets, des noms de code (Max, Rex, Mercier), des mouvements rivaux qu’il faut convaincre de s’asseoir à la même table. Le récit montre bien que faire cohabiter des combattants et des responsables politiques de tous bords tenait de l’exploit, et que là résidait le vrai danger. Cette fidélité à la réalité historique donne un album exigeant, porté par une solide documentation.

extrait bd Les Compagnons de la Libération - Jean Moulin

Le dessin d’Iñaki Holgado adopte un classicisme encré, appliqué à restituer les uniformes, les intérieurs et la France occupée avec un souci de reconstitution. Les cadrages sont nets, la lecture aisée, au service d’un propos qui privilégie la clarté pédagogique sur l’effet. Le cahier documentaire qui clôt le volume prolonge ce travail de mémoire.

En racontant un héroïsme fait de réunions clandestines plus que de coups d’éclat, Jean-Yves Le Naour rend à Jean Moulin sa vraie grandeur, politique et risquée. On y saisit pourquoi tant de rues et d’écoles portent ce nom, et pourquoi cet homme incarna, mieux qu’aucun autre, l’unité retrouvée face à l’occupant.


Lieux visités par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Histoire des Sciences au Féminin

Album publié en 2026 aux éditions Casterman.


Un nouvel opus « au féminin », après les succès d’Histoire de France et d’Histoire de l’art au féminin !

couverture bd Histoire des Sciences au Féminin

Invisibilisées et empêchées, les femmes ont constamment été exclues de l’aventure scientifique.
Pourtant, elles ont largement contribué aux découvertes et aux progrès de notre monde.

Cette bande dessinée retrace ainsi l’histoire des sciences exactes modernes et occidentales en mettant en lumière leur rôle, de la Préhistoire aux nombreuses découvertes féminines du 20e siècle, d’Hypatie d’Alexandrie, philosophe antique, à Nashwa Eassa, physicienne du 21e siècle, en passant par Ada Lovelace ou Marie Curie.

Deux jeunes ados questionnent leur cousine sur l’histoire et la place des femmes dans le monde scientifique.


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La BD sortira en septembre 2026.

Nestor Burma dans l’île

Album publié en 2016 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet publié en 1970.

Située au large de la Côte de granit rose, l’île (fictive) de Men-Bahr jouit habituellement d’une arrière-saison plutôt calme.
Enfin… jusqu’à ce que notre détective de choc y débarque !
Appelé au chevet d’une ancienne cliente, il arrive juste à temps pour son enterrement. Mais son sixième sens d’enquêteur est en éveil et, il en est persuadé, cette destination idéale pour les vacances cache quelque chose.

Tirage limité avec 8 pages de dossier graphique. En noir et blanc.

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La BD sortira en septembre 2026.



Je mourrai pas gibier

Album publié en 2009 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Guillaume Guéraud publié le 17 janvier 2006.

couverture bd Je mourrai pas gibier

Mortagne, c’est mille deux cent dix-neuf habitants.
Mortagne, c’est du bois et de la vigne, les deux seules ressources qui alimentent les deux seules entreprises de la commune : Le Château Clément et la Scierie Listrac.
Travailler pour Monsieur Clément revient à haïr ceux qui travaillent pour Monsieur Listrac, et inversement.
La haine fouette les murs de Mortagne et c’est comme ça depuis toujours. Martial a préféré fuir ces querelles de clochers. Jusqu’à son geste sans retour…

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Je mourrai pas gibier »

Adaptation percutante du roman éponyme de Guillaume Guéraud paru en 2006, la bande dessinée Je mourrai pas gibier, scénarisée et dessinée par Alfred en 2009, s’impose comme une œuvre d’une noirceur absolue. Situé dans une atmosphère rurale étouffante, le récit adopte le point de vue du jeune Martial et retrace le mécanisme implacable qui va conduire ce dernier à commettre un massacre familial le jour du mariage de son frère.

La BD dissèque avec une froideur clinique la violence systémique d’un milieu social sclérosé par les non-dits, l’alcoolisme et la brutalité masculine ordinaire. Le thème de l’aliénation et du déterminisme social y est central : Martial n’est pas présenté comme un monstre de foire, mais comme le produit tragique d’un environnement toxique. Sa trajectoire psychologique, marquée par un refus viscéral de devenir une victime « un gibier » face aux prédateurs qui l’entourent, suscite un inconfort profond chez le lecteur, oscillant constamment entre la terreur et une terrible forme d’empathie.

extrait bd Je mourrai pas gibier

Le dessin d’Alfred est indispensable à cette tension. Rompant avec son style habituel, l’auteur utilise une bichromie expressive dominée par des teintes de noir, de blanc et un vert ocre lourd, évoquant la pourriture et la chaleur moite des vignobles girondins. Le trait est âpre, nerveux, presque anguleux, traduisant graphiquement la suffocation des personnages. Le découpage, heurté et haletant, accentue l’inéluctabilité du drame à venir.

Je mourrai pas gibier est un coup de poing graphique et littéraire majeur. Par sa rudesse thématique et sa puissance visuelle, cette tragédie moderne est à recommander à un public averti, amateur de romans noirs.

Le Sommet des Dieux – Tome 5

Album publié en 2011 aux éditions Kana.


Résumé éditeur

Adapté du roman Le Sommet des Dieux (Kamigami no Itadaki) de Baku Yumemakura publié le 4 aout 1997.

Le Sommet des Dieux - Tome 5

Habu, après avoir sauvé la vie de Fukamachi, continue son ascension clandestine de l’Everest.
En levant les yeux, Fukamachi aperçoit la silhouette de Habu, minuscule, loin au-dessus de lui. Ses mouvements sont prodigieux… Pourtant, Fukamachi sent que pour lui, l’aventure s’arrête là, il a frôlé la mort.
Les hallucinations se sont calmées mais la migraine ne le lâche pas.


Il est redescendu en dessous des 7000 mètres où l’air est plus dense et Habu et son formidable exploit ne quitte pas son esprit…
Voici l’épilogue de cette magnifique série qui atteint des sommets dans l’art du dessin et de la narration !

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Sommet des Dieux – Tome 5 »

Ultime chapitre de la magistrale adaptation du roman de Baku Yumemakura par Jirō Taniguchi, ce cinquième tome du Sommet des Dieux clôt une pentalogie légendaire. Le récit atteint ici son dénouement sur les pentes glaciales de l’Everest, là où l’enquête journalistique sur l’appareil photo de George Mallory s’efface devant le dénouement tragique et grandiose de l’ascension hivernale de Habu Jōji.

Ce volume final est une consécration thématique. Jirō Taniguchi y explore le dépouillement ultime, la solitude absolue de l’alpiniste et la question métaphysique du sens de l’existence. La profondeur psychologique culmine lors du face-à-face entre Habu, poussé au bout de ses limites physiques, et Fukamachi, devenu le dépositaire spirituel de son histoire. Le deuil et la persévérance s’entremêlent avec une force poignante. L’œuvre ne cherche pas à glorifier l’exploit, mais à sonder le mystère de cette force intérieure qui pousse l’homme vers les sommets, quitte à y laisser son âme.

extrait Le Sommet des Dieux - Tome 5

Graphiquement, l’art de Jirō Taniguchi atteint une pureté absolue. Le réalisme chirurgical de son trait s’épure pour laisser place à l’immensité blanche et au silence assourdissant de la très haute altitude. Les planches nocturnes, les visages défigurés par les gelures et les paysages vertigineux d’une précision documentaire écrasent le lecteur sous une tension permanente. Le découpage utilise le temps et le vide pour figurer l’asphyxie et l’épuisement, faisant du dessin l’outil direct de l’empathie.

Ce cinquième opus achève le chef-d’œuvre avec une bouleversante solennité. Recommandé à tous les amateurs de grande littérature et de bandes dessinées exigeantes, ce final s’impose comme un monument du manga mondial. Une expérience de lecture qui résonne longtemps après avoir refermé la page.


Le Sommet des Dieux – Tome 4

Album publié en 2011 aux éditions Kana.


Résumé éditeur

Adapté du roman Le Sommet des Dieux (Kamigami no Itadaki) de Baku Yumemakura publié le 4 aout 1997.

couverture bd Le Sommet des Dieux - Tome 4

Tandis que l’appareil photo qui aurait pu appartenir au célèbre alpiniste disparu George Mallory suscite toujours toutes les convoitises, Fukamachi entreprend de suivre en tant que photographe l’ascension clandestine de Habu Jôji sur la face Sud Ouest de l’Everest, en hiver et sans oxygène !!
Habu accepte uniquement à la condition qu’ils n’aient plus de contacts une fois l’ascension commencée et que chacun se débrouille. Fukamachi rejoint alors Habu pour la période d’acclimatation à l’altitude où il va en apprendre un peu plus sur ce mystérieux et fascinant personnage et peut-être également sur lui-même !

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Sommet des Dieux – Tome 4 »

Avant-dernier chapitre de l’adaptation du roman de Baku Yumemakura par Jirō Taniguchi, ce quatrième tome du Sommet des Dieux hisse le récit vers son paroxysme. L’enquête journalistique cède définitivement la place à l’action brute : l’affrontement tant attendu avec la face sud-ouest de l’Everest en hivernal et en solitaire. Le reporter Fukamachi bascule ici du rôle d’enquêteur à celui de compagnon de cordée partiel, liant indéfectiblement son destin à celui du taciturne Habu Jōji.

Ce volume atteint une intensité dramatique vertigineuse en explorant la dualité de la condition humaine face à l’impossible. Jirō Taniguchi orchestre une transition psychologique cruciale : l’obsession individualiste de Habu se mue en une lutte universelle pour la survie. Le thème de la transmission et de la fraternité y est traité avec une pudeur poignante. À travers les épreuves physiques extrêmes et le manque d’oxygène, l’auteur dissèque la métamorphose de Fukamachi, dont le regard fige le génie et la démesure de Habu pour la postérité.

extrait bd Le Sommet des Dieux - Tome 4

Visuellement, l’œuvre livre des planches d’un réalisme saisissant, terrifiant de précision technique. Le trait de Jirō Taniguchi sublime la verticalité et le gigantisme de la chaîne himalayenne, écrasant les silhouettes humaines sous l’immensité blanche. Le découpage, alternant de longs silences contemplatifs et de violentes tempêtes de lignes de force, restitue à la perfection le rythme de la haute altitude : l’effort surhumain, la morsure du gel et le ralentissement du temps.

Ce quatrième opus est un monument de tension et de pureté graphique. Un sommet de la bande dessinée contemporaine qui coupe littéralement le souffle.