Liens de sang
Album publié en 2019 aux éditions Presque Lune.
Résumé éditeur
D’après l’œuvre d’Octavia E. Butler publiée en juin 1979 sous le titre Kindred.

Dana, jeune femme noire vivant dans les années 1970, est soudainement et inexplicablement transportée de sa maison en Californie vers le Sud d’avant la guerre civile (1861-1865).
Alors qu’elle voyage dans le temps en plusieurs allers et retours entre sa réalité contemporaine où elle est une femme libre et l’époque de la guerre de Sécession, elle se retrouve à devoir survivre dans une plantation sudiste, confrontée à Rufus, son ancêtre blanc et esclavagiste.
Adapté du célèbre roman d’Octavia E. Butler, Liens de sang (Kindred) a reçu l’Eisner Awards 2018 de la meilleure adaptation d’une oeuvre littéraire.
Dans son roman, Octavia E. Butler explore en profondeur la violence et la perte d’humanité causées par l’esclavage aux Etats-Unis, et souligne son impact complexe et durable sur le monde actuel.
La bd « Liens de sang » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Liens de sang »
Quarante ans après sa parution, « Kindred », récit culte d’Octavia E. Butler, l’une des grandes autrices de la science-fiction américaine, connaît une seconde vie en bande dessinée sous le titre « Liens de sang », dessiné et mis en couleur par John Jennings et adapté par Damian Duffy, dont le travail a été distingué par un prix Eisner de la meilleure adaptation littéraire.
Le récit suit Dana, jeune femme noire de la Californie des années 1970, brutalement projetée dans le Sud esclavagiste d’avant la guerre de Sécession. Ces allers-retours dans le temps, jamais expliqués, la placent dans la plantation de Rufus, un aïeul blanc qui la traite en esclave. Damian Duffy et John Jennings conservent la puissance dérangeante du roman : la survie de Dana passe par des compromis insoutenables, et le lien de sang qui l’attache à son bourreau interdit toute distance confortable. L’œuvre interroge la persistance du passé, la mémoire de l’esclavage et l’illusion d’une liberté acquise une fois pour toutes.

Graphiquement, John Jennings refuse le réalisme policé. Son trait expressif épouse la violence du sujet, tandis que ses couleurs, dominées par des ambres brûlés et des violets profonds, rythment la tension jusqu’au malaise. Cette palette électrique, loin d’esthétiser l’horreur, en restitue la charge physique et fait de chaque retour dans le passé une épreuve pour le lecteur autant que pour Dana.
Là où un manuel d’histoire tient l’esclavage à distance, Damian Duffy et John Jennings le rendent physique, page après page, et rappellent que certaines vérités ne se comprennent vraiment que lorsqu’on les ressent dans sa chair.




















































