Carton Blême
Album publié en 2013 aux Editions Casterman.
Résumé éditeur
Adapté du roman de Pierre Siniac publié en mars 1985.

Dans un futur proche rongé par la pollution et la criminalité, l’état de santé de chacun devient le fondement de clivages économiques et sociaux aussi rationnels que cauchemardesques.
Aux bien portants, le ministère de l’intérieur délivre un carton bleu qui permet l’accès aux services publics, et notamment à l’assistance de la police.
Tous les autres, malheureux détenteurs d’un « carton blême » , sont livrés à eux-mêmes en toute légalité, et mort aux vaincus…
C’est dans ce contexte que Paul Heclans, flic désabusé mais efficace, hérite de l’affaire du « dingue au marteau » , un serial killer.
Son enquête met rapidement à jour des trafics manifestes de cartes de santé, et le conduit malgré lui jusqu’aux plus hautes sphères de l’appareil d’état. Mais cela ne va évidemment pas sans risques…
La bd « Carton Blême » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Carton Blême »
Paru en 2013 chez Casterman, dans la collection Rivages/Noir, Carton Blême adapte le roman visionnaire de Pierre Siniac. Jean-Hugues Oppel (scénario) et Boris Beuzelin (dessin) nous plongent dans un futur proche où la Sécurité sociale a fait faillite. L’État, en faillite morale, a instauré un apartheid sanitaire : les citoyens sains jouissent de tous les droits (« carton bleu »), tandis que les malades (« carton blême ») sont livrés à eux-mêmes, sans protection policière.
L’intrigue suit l’inspecteur Paul Heclans, chargé de stopper un tueur en série qui sème la terreur. Mais l’enquête n’est qu’un prétexte pour disséquer une société malade de son égoïsme. Jean-Hugues Oppel réussit une adaptation fidèle, conservant la noirceur et l’ironie mordante de Pierre Siniac. Les personnages, loin d’être des héros, sont des rouages usés ou des victimes résignées d’un système qui a renoncé à protéger les faibles.
Loin du classicisme du noir et blanc, Boris Beuzelin impose ici un style singulier, rehaussé par une mise en couleur aux tons froids et parfois acides. Son trait anguleux sculpte des visages marqués par la lassitude et des décors urbains déshumanisés.
Ce choix esthétique sert parfaitement le propos : il ne s’agit pas de séduire, mais de montrer la froideur clinique d’un monde sans compassion.

Cette adaptation est une réussite du polar d’anticipation. Elle intéressera particulièrement les lecteurs en quête de récits politiques forts, dans la lignée de George Orwell ou Jean-Patrick Manchette.












